Un monument se meurt
L’Union Belge a prononcé la cessation d’activités de La Louvière. Jusqu’à nouvel ordre, les dix-huit équipes ne peuvent plus jouer
La Louvière ne pourra plus jouer au foot tant qu’elle n’a pas payé ses dettes vis-à-vis de Marc Grosjean et de Rogiero. Cette sanction, une cessation d’activités, est immédiate. La Louvière ne jouera pas dimanche à Wetteren.
L’Union Belge n’a pas accordé, ce lundi, de délai supplémentaire à La Louvière.“ La cessation des activités du matricule 93 est immédiate”, expliquait David Delferière, hier à 16 heures. “ Pour que le Comité exécutif revoie sa position,
il faudrait des preuves”, poursuivait le vice-président du Comité exécutif. Samedi ledit comité de la Fédération n’avait toujours pas eu ces preuves. Du coup ce fut le branle-bas de combat chez les dirigeants de la RAAL. Dimanche, ceux-ci ont bousculé le nouveau liquidateur de La Louvière, Mr Laurent Pacolet, pour lui demander d’envoyer au plus vite le fax avec les arrangements pris avec Rogerio et Marc Grosjean. “ Rogiero nous avait déjà donné son accord pour trois
mois supplémentaires”, avance Olivier Michel, le vice-président. Soit un arrangement pour payer les quelque 62.000 euros que le club doit au joueur brésilien.
ACCORD AVEC GROSJEAN MAIS
Quant au cas de Marc Grosjean, le Comité exécutif du 29 novembre dernier avait accordé aussi un délai supplémentaire à La Louvière. Pour trouver un arrangement avec son ancien entraîneur, la RAAL devait répondre à certaines questions posées par l’actuel coach du Brussels et son conseil Mr Stas de Richelle. “ Nous avons rencontré Marc Grosjean ce 2 décembre et nous avons eu un accord avec lui”, précisait, hier matin, Olivier Michel qui poursuit. “ Comme nous ne pouvons pas rentrer en contact direct avec l’Union Belge, nous avons fait part de cet accord au liquidateur.
” Qui n’a pas envoyé pour samedi les documents à la Fédération. Ce lundi matin, la direction de la RAAL espérait dès lors toujours éviter la cessation d’activités. “ Nous espérons que l’Union Belge réunisse un comité exécutif restreint pour surseoir à sa décision”, expliquait encore Olivier Michel.
Espoir déçu quelques heures plus tard.À la Fédération,malgré les multiples mises en garde, le club n’a pas apporté les pièces nouvelles... dans les délais prescrits. Car ces documents sont finalement arrivés hier soir à la Fédération, peu avant 22h, soit avec quelque deux jours de retard Avant 21h, tous les GSM de la direction étaient restés muets, tout comme ceux du liquidateur et de MrStas de Richelle. Impossible de savoir quelle sera la position du club. Un conseil d’administration se tiendra ce mardi à 19h30. Il devrait nous en dire plus. En attendant quelles sont les conséquences de cette cessation d’activités? La RAAL doit déclarer forfait tous ses matchs. Pour ce week-end, cela ne concerne que
l’équipe première et celle des Espoirs. Tant que la dette n’est pas payée (environ 80.000 euros), le club sera chaque fois déclaré forfait. Si le club déclare trois forfaits d’affilée, il s’expose à la radiation du matricule qui sera prononcée
par l’assemblée générale en juin.On n’en est pas encore là. Une flamme subsiste. «
T.W.
Ils ont pris le carton rouge
Le scénario redouté s’est produit
Quelques jours avant Noël, période propice pour les cadeaux, le club-phare de la région du Centre a reçu une carte rouge de l’Union Belge. Avec une suspension pour, au minimum, une rencontre.
Forfait jusqu’au règlement de la dette, la RAAL perd déjà son match de dimanche prochain, chez le leader Wetteren, par 5-0. Le match suivant est prévu le 17 janvier 2009.Unmois suffira-t-il pour payer, dans un premier temps, les 100.000 euros réclamés d’urgence par la Fédération? On n’y croit pas. Avec le recul, on sera vraiment passé du paradis (D.1, victoire en
Coupe de Belgique, première participation européenne) à l’enfer (matches truqués, descente de D.1 en D.3 et mise à
mort du club pour non-paiement d’une dette) en quelques années.
Il aurait fallu,comme beaucoup le suggéraient, passer par une fusion ou une absorption, appelez cela comme vous voulez,
avec le voisin (US Centre) pour reconstruire quelque chose sur des bases saines.
La nouvelle direction de la RAAL a fait ce qu’elle a pu, sans engager des sommes d’argent de sa propre poche, pour maintenir un navire qui prenait eau de toutes parts. Leurs initiatives, louables, ont abouti à un échec. Il est temps, maintenant, de repartir au plus bas de l’échelle. Et reconstruire modestement. Mettons tous les décideurs régionaux
autour d’une table. Avec une feuille blanche. «
Qu’est-ce qui pourrait sauver la RAAL?
Le Comité exécutif (CE) ne se réunit que tous les 15 jours.Le prochain Comité exécutif est programmé pour le 10 janvier
mais un comité exécutif exceptionnel pourrait toutefois être convoqué avant cette date. Il ne se réunira que s’il y a des
éléments nouveaux. “ S’il y a paiement,le Comité pourrait revoir son jugement”, avance-t-on à la Fédération. “ Nous ne pouvons plus agir avant d’avoir des preuves tangibles”, ajoute-on. “ Il y a 15 clubs dans la série. Après autant de délais reportés, si nous agissions différemment, ce serait de la concurrence déloyale à l’égard de ces clubs.”
Comment vont réagir les joueurs qui n’étaient déjà plus payés? Vu la cessation d’activités, le club ne pourra pas s’opposer
aux départs de ceux qui le désirent. Un exode pour certains est à redouter. « T.W.
2 questions à
Jean-Louis D’Acchille
ENTRAÎNEUR DE LA LOUVIÈRE
1. Jean-Louis, il est 18h, vous allez commencer l’entraînement et la nouvelle est tombée.Vous ne jouerez pas ce dimanche à Wetteren. Je suis déçu de l’apprendre par un journaliste de La Nouvelle Gazette. Vous voyez comme moi qu’il n’y a
personne de la direction ici.
2. Difficile de dispenser une séance dans un tel contexte. C’est dur depuis le début de saison. On va réaliser un petit débriefing sur notre match à Boussu-Dour. Ce n’est pas à moi d’annoncer une telle nouvelle aux joueurs. Je ne vois que le sportif et pas l’extra-sportif.
(M.G.)
Que vont devenir les 280 jeunes ?ootball
Raymond Lammens (coordinateur des jeunes)
Contacté hier vers 18 heures, Raymond Lammens, à la fois coordinateur général de l’école des jeunes et vice-président, ne voulait pas croire à la mauvaise nouvelle.
“ Je ne veux pas être défaitiste. Cela me paraît tellement énorme comme décision après tous les efforts fournis. Le plan d’apurement proposé sur cinq ans est réaliste. Chaque année, il était prévu que nous remboursions une partie de la dette.” Que vont devenir les 280 jeunes du club répartis en 17 équipes puisque ceux-ci ne peuvent plus jouer tant que le club est en cessation d’activités. “ Nous continuons à travailler. Nous ne pouvons pas les laisser sur le
carreau.Heureusement, les jeunes ne reprennent le championnat que le 11 janvier.” Et rien ne dit que d’ici là, la RAAL pourra rejouer... « T.W.
Meurée: “La Ville ne peut pas donner de l’argent à la RAAL”
Ancien joueur de la RAAL,Yvan Meurée est aujourd’hui directeur de la Maison des Sports à La Louvière. C’est lui, en coulisses, qui tente depuis la saison dernière d’accorder la RAAL et l’US Centre sur l’occupation quotidienne du stade Tivoli. Une tâche ingrate quand chaque partie éprouve des difficultés à mettre de l’eau dans son vin. “ Le forfait de la RAAL? De mes souvenirs d’ex-footballeur, c’est la première fois qu’une telle décision tombe pour un club de notre région du Centre”, confiait hier soir le précieux collaborateur de Jean Godin à la Ville de La Louvière. “ Ce dénouement ne me surprend pas avec des échéances qui se rapprochaient de plus en plus. Les nouveaux responsables du club ont manqué de temps pour arriver à leurs fins. La Ville, de son côté, a fait son boulot. On a donné toutes les aides possibles. Financièrement, il est hors de question de donner de l’argent à la RAAL. Maintenant, il faut penser à
l’avenir des 300 jeunes du club qui disposent d’une infrastructure de qualité. Et puis, la RAAL conserve pas mal de sympathie autour d’elle malgré tous les événements du passé. C’est un atout considérable.” «
O.BUIS.
Désinvolture!
Cette annonce est-elle choquante? Oui et non? La nouvelle Asbl, la JESAC, mise sur pied le 1er juillet, a fait souffler un nouveau vent sur le Tivoli. Et les nouveaux dirigeants sont victimes de la gestion catastrophique du passé. Là où ils sont fautifs, c’est d’avoir cru que chaque fois on reporterait indéfiniment les sanctions. De ce côté-là, il y a eu trop de légèretés. « T.W.

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